Doncques pour trop aymer il faut que je trespasse
A. Bertrand
Doncques pour trop aymer il faut que je trespasse,
La mort de mon amour sera donc le loyer,
L'homme est bien malheureux qui se veut emploier
En servant meriter d'une ingratte la grace:
Mais je te pry, dy moy, que veux-tu que je face?
Quelle preuve veux-tu afin de te ployer?
Las! cruelle, veux-tu que je m'aille noyer?
Ou que de ma main propre (helas) je me deface?
Es-tu quelque Busire, ou Cacus inhumain,
Pour te souler ainsi du pauvre sang humain?
Fiere, ne crains-tu point Nemesis la Déesse
Qui te demandera mon sang versé à tort?
Ne crains-tu point des Sœurs la troupe vengeresse
Qui puniront là-bas ton crime apres la mort?