L'aube consolatrice
A. de Polignac
C'est une matinée adorablement douce;
Tout chante sous le ciel, tout vibre et tout renait.
Dans la forêt immense et dans les nids de mousse,
Et dans la ferme au toit branlant et calciné.
Oh! Laissons-nous charmer et restons en extase.
Oublions un instant tout ce que nous souffrons;
Et sil faut que demain la foudre nous écrase,
Attendons sans trembler quelle frappe nos fronts.
Et les plus belles fleurs et les plus parfumées,
Nous les ramasserons de nos pieuses mains,
Pour les laisser tomber sur les tombes fermées,
Sur les croix que l'on voit au milieu des chemins.