Rêverie

A. de Polignac

Comme de rêve et de langueur

Tes yeux effleurent mes pensées,

O chères minutes passées

Le front posé contre ton cœur.

Ta voix musicale et dolente

En pénombre et presque d'oubli

Ta voix au murmure affaibli

A bercé mon extase lente.

Rose qu'effeuille l'abandon

Ta bouche ingénument peureuse

A su baptiser de pardon

Ma solitude douloureuse.

D'un rêve imprécis de langueur

Tes yeux effleurent ma pensée.

Parle bas, âme fiancée,

Ne réveille pas mon bonheur.