Soir au jardin

A. de Polignac

Le soir pleure son deuil sur le jardin désert

Frissonnant souvenir de l'heure ensevelie

Au verger de silence et de mélancolie

Où nous avons aimé, tous les deux, et souffert.

L'herbe envahit le sol et plus rien ne persiste

Des sentiers de naguère où s'attardaient nos pas.

Une fleur sans parfum que je ne connais pas,

Courbe languissamment sa tige qui s'attriste.

Seul dans le noir exil du silence et du soir

Je songe au cher Jadis, aux paroles clémentes

Que berçait la brise anonchalie, à l'espoir

Qui fiançait ta bouche et mes lèvres aimantes.