Ballade
A. Diepenbrock
Ils ont fermé le monastère
Où tu priais, moine savant.
Ils ont haï ta vie austère
Dans la grande paix du couvent.
Et ces bandits que l'on appelle
Des ministres, ne veulent plus
Entendre sonner l'Angélus
Dans le clocher de ta chapelle.
Ils t'ont chassé de ta patrie,
Et sur ton chemin douloureux
Tu priais encore Marie
Et son Fils très clément pour eux.
Mais aujourd'hui ta voix n'épelle
Ni les Oremus, ni l'Avé,
Et ton chant reste inachevé
Sous les arceaux de ta chapelle.
Et l'on n'entend plus sur les dalles
Avec le bruit sec qu'elles font
Lorsque tu passe, tes sandales,
Tandis que sous le ciel profond
De la nuit qui pèse sur elle,
La cité de tes tyrans dort.
On ne voit plus des gerbes d'or
Dans les vitraux de ta chapelle.
Moine, quand tous ces scélérats
Seront chassés par nous, fidèle
Au vieux couvent tu reviendras
Prier pour eux dans ta chapelle.