Incantation

A. Diepenbrock

Mets ta main dans ma main,

que nos doigts s'enlacent,

Ton cou sur mon épaule

et que nos coeurs se sentent battre,

Laisse peser ton front

et que nos regards se confondent.

Ne parlons pas, restons ainsi,

que j'entende chanter ton âme

Et que la mienne y réponde

au travers des doigts confondus,

Des coeurs approchés, des regards qui s'appellent...

Ne parlons pas – silence.

Ton âme chante dans tes yeux sombres.

Fais les plus proches, mon amie,

Je la sens toujours trop lointaine.

Plus proches, ah! plus proches encor –

Que tes regards me troublent!

On croirait qu'ils sourient et que ton âme pleure.

Qu'elle est donc loin encor derrière tes prunelles.

Dans l'ombre humide de tes yeux

Plonge mon âme désireuse, –

Mais toujours plus encore se recule ton âme

Derrière tes prunelles.

Ne me regarde pas – parle plutôt – j'écoute.

Oh parle et je te rêverai

Semblable à l'inflexion de ta voix douce.

Qu'importent les mots – parle sans suite,

Parle lentement, songe à l'harmonie

Qui me révélera ton âme.

Je m'endormirai au bercement de tes paroles.