Après l'angélus

A. Flégier

La nuit tombera,

Quand elle voudra,

Ce n'est point à vous de l'attendre,

Par les prés ou dans les bois,

Fillettes au fraisminois

Au cœur si tendre....

La nuit tombe

Quand elle voudra...

Ce n'est point à vous de l'attendre!

Les étoiles sout,

Pour plus d'un garçon,

Le signal d'une chose tendre...

Ils suivent de loin vos pas

Et leurs cours songent tout bas

A vous surprendre...

L'aveu se dira

Quand il leur plaira,

Ce n'est point à vous de l'attendre...

La lune viendra

Quand elle voudra,

Au sein du ciel couleur de cendre;

Dans les bois sombres et fous,

Chanteront les vieux hibous

Comme un coeur tendre....

La lune viendra

Quand elle voudra...

Ce n'est point à vous de l'attendre!

Je vois Madelon,

Qui vers le vallon,

Se presse un peu trop de descendre.

Au bois nocturne et charmant

Elle appelle son amant

D'une voix tendre...

Mais l'amour viendra,

Quand il lui plaira...

Ce n'est pas à vous de l'attendre!