Le Manoir
A. Flégier
Il est un vieux manoir à la muraille altière,
Là règne un grand seigneur à l'âme impie et fière,
Que l'on redoute aux environs,
Le plus cruel des hauts barons!
Lorsque tombe la nuit, il quitte la tourelle
En s'écriant: amis, courons!
Puis l'arme au poing, le cœur gonfé de rage,
Ils s'en vont répandant l'efroi sur leur passage!
Refrain
Et Satan, l'œil en feu, palpitant de bonheur,
Enfin sûr de sa proie est près du vieux seigneur!
Un soir qu'il chevauchait dans la forêt prochaine,
Le diable, le suivant, l'entraîna dans la plaine,
Et s'élança sur lui soudain
En blasphémant saisit sa main
Et demi-mort d'efroi, tout pâle et sans défense,
Le renversa sur le chemin;
Puis l'entraînant, malgré sa résistance,
L'emporta, d'un seul bond, dans sa fournaise immense!
(
Refrain
On dit que tous les soirs, près de la tour tremblante,
On entend retentir une voix languissante
Qui remplit l'air de cris afreux;
Puis on croit voir briller des feux.
C'est l'âme du baron qu'avec lui, sur la terre,
La nuit, Satan traîne en tous lieux;
Et du château les noirs oiseaux de proie,
Seuls seigneurs désormais, poussent des cris de joie!
(
Refrain