La folle

A. Grisar

Tra la la, quel est donc cet air?

Ah! oui, je me souviens; l'orchestre harmonieux

Préludait vivement par ses accords joyeux;

Il s'avança vers moi, sa voix timide et tendre,

Murmura quelques mots que je ne pus entendre;

Je voulais refuser; je ne pus parler,

Et lui saisit ma main. Je le sentir trembler;

Moi, je tremblais aussi. Son long regard de flamme

En de penser d'amour avait jetait mon âme;

Et pendant tout le bal je ne pensais qu'à lui,

Arthur, Arthur!

Tra la la, d'où me viennent ces sons?

Ah! oui, je me souviens; quinze jours écoulés,

Le soir au bal brillant par la valse entrainé

A comble de bonheur, félicité suprème,

Sa bouche à mon oreille a murmuré je t'aime,

Et faible que j'étais, je ne pus résister,

Puis sur mon front brûlant je sentais un baiser;

O! seulement alors je connus l'existence,

L'amour et son bonheur, sa force et sa puissance;

Et je ne vivais plus, car j'étais toute en lui.

Tra la la que ces sons me font mal!

Ah! oui, je me souviens; je fus heureuse un mois,

Et depuis ce moment je soupire toujours;

Cette valse, écoutez, c'est pendant sa durée

Qu'il était à ses pieds, que sa bouche infidèle

Lui jurait qu'il l'aimait et ne m'aima jamais.

Je sentis à ces mots ma tête se briser;

Un horrible torment tortura tout mon être;

Que j'aime les plaisirs, la parture et la danse.

Que je souffre, O mon dieu,

Rien qu'en pensant à lui!