C'était un soir de féeries
A. Huybrechts
C'était un soir de féeries,
De vapeurs enrubannées,
De mauve tendre aux prairies,
En la plus belle de tes années,
Et tu disais -- écho de mon âme profonde, --
Sous l'auréole qui te sacre blonde
Et dans le froissement rythmique de soies:
« Tout est triste de joies;
Quel deuil emplit le monde?
Tout s'attriste de joies ».
Et je t'ai répondu, ce soir de féeries
Et de vapeurs enrubannées:
« C'est qu'en le lourd arôme estival des prairies,
Seconde à seconde,
S'effeuille la plus belle de tes années;
Un deuil d'amour est sur le monde
De toutes les heures sonnées ».