Cantique à la Vierge Marie
A. Nicolò-Isouard
Toujours un nom, toujours le même,
Dit tout haut, répété tout bas:
Quand on redit le nom qu'on aime,
Marie, on ne se lasse pas!
Chaque jour on revoit l'abeille
Voler au nectar de la fleur:
Chaque jour, ainsi que la veille,
Le miel est là, plein de douceur.
Le rossignol, de chants prodigue,
Ravit les longues nuits d'été.
Jamais sa voix ne se fatigue:
Il chante sa félicité!
La vie ailleurs serait amère:
Nous vivons sur ce nom si doux.
Répéter votre nom sur terre,
Est notre joie: écoutez-nous!
Qu'il vous plaise de nous entendre
Du sein de votre heureux séjour! —
Mais, pauvres mortels, quels mots prendre
Pour exprimer tout notre amour?
Comment bien dire sa louange?
Comment bien chanter sa grandeur?
Répétons-lui ce qu'ont dit l'ange
Et la mère du précurseur.
Ces paroles qui l'ont charmée,
Voilà ce qu'il lui faut offrir!
Chacune d'elles, fleur aimée,
A pour parfum un souvenir!
L'une, d'amour divin message,
Devant Dieu fit baisser son front.
L'autre fut le premier hommage
Que les siècles continueront.
Et puis après, plus de paroles!
Elles expirent dans les pleurs:
Il faut toujours que tu consoles,
Mère sainte, tes fils pécheurs.
Et nous continuons sans cesse;
Nous recommençons tour à tour
L'appel plaintif à ta tendresse
Et l'heureux salut de l'amour.
Toujours un nom, toujours le même,
Dit tout haut, répété tout bas:
Quand on redit le nom qu'on aime,
Marie, on ne se lasse pas!