Matin d’octobre

A. Souris

Matin d'octobre. Le vieil homme ouvre sa croisée

Et regarde le paysage gris:

Du haut de la branche noire et brisée

D'un pommier mort de Barbarie

Le vieux corbeau décrépit

Écoute jacasser les trois pies

Qui sautent dans le pré;

Un chien dans la cour aboie.

Mais le vieil homme n'entend rien

Que la chanson de cette fille délurée

Qui cherche des bolets dans le bois

Et il reste immobile et le cœur en émoi,

Tout remué par ce railleur refrain

Jusqu'à ce que la musicale et fraîche voix

Se soit enfin perdue au loin.