Cesse
A. Varlamov
Cesse, cesse tes chants plaintives philomele!
Au charme de ta voix mo name s'attendri,
Je souffreautant que toi, je suis aussi fidele
Et ton chagrin en ces lieux me rappelle
Les chagrins dont mon cœur gemit.
Tu perdis tes amours; j'ai quitte ma patrie!
Au moins l'echo des bois soupier ta douleur,
Plus malheureux que toi je n'ai pas une amie,
Et les regrets que consument ma vie sont tous
Renfermes dans mon cœur.
Du bonheur qu'on te doit tu peux jouir encore:
Le doux son de ta voix embellit ce sejour;
Sur le rameau voisin, au lever de l'aurore
Pour exprimer l'ardeur que le devore
L'oiseau redit ton chant d'amour.
Du passe, du present mon ame epouvantee
Contemple en fremissant un affreux avenir;
Mes amis malheureux, la France devastee,
Par le destin toujours persecutee
Empoisonnent mon souvenir.
Au retour du printemps, de champs de l'hesperie
Tu reviens au bosquet objet de tes desires;
Je ne reverrai plus cette rive fleurie
L'antique ormeau, ni verte prairie
Temoins de mes premiers plaisirs.
Les douleurs de l'exil comblent ma destine,
Inconnu dans ces lieux je vais bientot mourir
Et loin de mon pays, ma tombe abandonee
Du voyageur, du passant dedaignee
N'excitera pas un soupir.