Sérénade

A. Wormser

La nuit nous couvre de ses voiles,

Le ciel se parsème d'étoiles,

Mais nul astre dans son azur

Ne brille d'un éclat plus pur,

Ô gracieuse souveraine,

Que votre regard enchanté,

Vous que le ciel fit deux fois reine,

Par le sceptre et par la beauté!

Si dans votre cœur ma pensée

Par l'oubli n'est pas effacée,

Laissez tomber de vos cheveux

Une fleur, pour combler mes vœux;

Et comme au ciel monte la flamme,

Vous me verrez monter vers vous,

Pour vous laisser lire en mon âme,

Et pour mourir à vos genoux!