Vous méprisez nature

Albert Groz

Vous méprisez nature: êtes-vous si cruelle

De ne vouloir aimer? voyez les passereaux

Qui démènent l'amour, [voyez les colombeaux,

Regardez le ramier,] voyez la tourterelle.

Voyez déça, delà, d'une frétillante aile

Voleter par les bois les amoureux oiseaux,

Voyez la jeune vigne embrasser les ormeaux,

Et toute chose rire en la saison nouvelle.

Ici la bergerette en tournant son fuseau

Dégoise ses amours, et là le pastoureau

Répond à sa chanson; ici toute chose aime,

Tout parle d'amour, tout s'en veut enflammer.

Seulement votre coeur froid d'une glace extrême

Demeure opiniâtre et ne veut pas aimer.