Chant funèbre
André-Marie Cuvelier
Chantez un chant funèbre, muses Mytiléniennes, chantez!
La terre est sombre comme un vêtement de deuil
et les arbres jaunes frissonnent comme des chevelures coupées.
Héraïos! ô mois triste et doux! les feuilles tombent
doucement comme la neige;
le soleil est plus pénétrant
dans la forêt éclaircie...
Je n'entends plus rien que le silence.
Voici qu'on a porté au tombeau Pittakos chargé d'années.
Beaucoup sont morts, que j'ai connus. Et celle qui vit
est pour moi comme si elle n'etait plus.
[Celui-ci est le dixième automne
que j'ai vu mourir sur cette plaine.]
Il est temps aussi que je disparaisse.
Pleurez avec moi, muses Mytiléniennes, pleurez sur mes pas!!