Ritournelle

André Messager

Les étoffes au mur tendues

S'allument au soleil couchant.

Et ta voix douce est comme un chant

Plein de paroles entendues

Autrefois, au soleil couchant.

Dans les parcs où nous promenâmes,

L'orgueil d'un jeune enchantement,

Dans la croyance du serment

Dont nous avions lié nos âmes.

Ô le suprême enchantement!

Il passe dans tes lourdes tresses

Un parfum subtil et connu;

Tout à l'heure il m'est revenu

Au cœur de très lentes caresses

De ce parfum cher et connu.

C'était l'odeur des fleurs mourantes.

Roses, lilas, lis et jasmin

Que, parmi les anciens chemins,

Apportaient les brises errantes

Sur ces lilas et ces jasmins.