Gaillardise

Anonymous

Je cherche un petit bois touffu,

Que vous portez Aminthe

Qui couvre s'il n'est pas tondu

Un gentil labyrinthe;

Tout les mois on voit quelques fleurs

Colorer le rivage,

Laissez-moi verser quelques pleurs

Dans ce joli bocage.

Allez Monsieur portez vos pleurs,

Sur un autre rivage

Vous pourriez bien gâter les fleurs

De mon joli bocage;

Car, si vous pleuriez tout de bon,

Des pleurs comme les vôtres,

Pourraient dans une autre saison

M'en faire verser d'autres.

Quoi! vous craignez l'événement

De l'amoureux mystère;

Vous ne savez donc pas comment

On agit à Cythère.

L'amour, modérant sa raison,

Dans cette aimable guerre,

Sait bien arrose le gazon,

Sans imbiber la terre.

Je voudrais bien, mon cher amant

Hasarder pour vous plaire

Mais dans ce fortuné moment,

On ne se connaît guère.

L'amour maîtrisant vos désirs,

Vous ne seriez plus maître,

De retrancher de nos plaisirs,

Ce qui vous donna l'être.