Garci Perez
Augusta Mary Anne Holmès
Don Garci Perez de Vargas,
Le plus fier chevalier d'Espagne,
Bravant Mores et renégats,
Chevauche à travers la campagne!
A ses côtés chemine aussi
Un compagnon d'humeur tremblante!
Perez, dit-il, sortons d'ici!
Cette promenade est trop lente!
Les Mores nous tueront, c'est clair,
Et je tiens à ma vie, en somme!
Moi, j'ai besoin de prendre l'air!
Dit Perez en quittant son heaume!
A ces mots, d'un chemin couvert,
Cuirassés et portant la lance,
Dix cavaliers au turban vert
Sortent un par un, en silence!
Saint Jacques! je l'avais bien dit!
Sauvons-nous! Et l'âme éperdue,
Le compagnon traître et maudit
Disparait à bride abattue!
Bon! tant mieux! dit Garci Perez,
Rien ne me gène autant qu'un làche!
Et devant l'ennemi, tont près,
Il passe en frisant sa moustache!
Un coq, aux yeux de diamant
Brille sur son bouclier sombre;
Et les Sarrazins, prudemment,
N'ont point avancé, bien qu'en nombre!
Mais sitôt le guerrier passé,
L'un deux, du bout de son épée,
Tout triomphant a ramassé
L'écharpe à ses pieds tombée!
Sang du Christ! tu ne l'auras pas,
L'écharpe de ma Dame blonde!
Et Garci, la fleur des combats, s'est rué
Sur la gent immonde!
Chantez gloire à Garci Perez!
Car à l'heure où l'astre étincelle,
Dix têtes aux fronts lacérés
Saignaient au pommeau de sa selle!
Ay! Ay! Ay! chantez gloire à Garci Perez!
Ollé! à Garci Perez!