Ogier le Danois

Augusta Mary Anne Holmès

"Holà! Ho! Gardiens de ces tours!

Ogier le Danois réclame sa ville!

Je viens d'Avallon, la merveilleuse île

Où vivent les Preux dans de clairs séjours!

Hola! Ho! Ho! ouvrez-moi ma ville,

Gardiens de ces tours!"

Cavalier géant, plus haut que nos chênes,

Que clâmes-tu donc en levant les bras?

Es-tu le Héraut des luttes prochaines?

Nous sommes petits et nous parlons bas,

Nous sommes vaincus, nous aimons nos chaînes!

Passe ton chemin! Nous n'ouvrirons pas.

"Holà! Ho! Gardiens de ces tours!

Ogier le Danois, c'est moi, votre maître!

Vous ne voulez donc pas me recconaître?

Je ne suis parti que depuis trois jours!

Holà! Ho! Holà! Ho!

C'est moi, votre maître,

Gardiens de ces tours!"

Ogier le Danois? Etranger, tu rêves!

Il a disparu depuis trois cents ans!

Nous ne voulons plus de guerres sans trêves...

Nous avons de l'or, des palais luisants,

Et pour nos plaisirs les nuits sont trop brèves...

Et nous oublions les héros absents!

"Adieu donc gardiens de ces tours!

Vous n'entendrez plus ma voix qui vous crie:

Gloire! Honneur! Vertu! Devoir et Patrie!

O mon seul désir, mes seules amours,

O France! O France! O France fleurie!

Adieu! Adieu! Adieu pour toujours!"