Sérénade printanière

Augusta Mary Anne Holmès

Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,

Je t'adore!

Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,

C'est l'aurore!

Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,

Que l'en souffre,

Que la vie est un pont qui tremble, se penchant

Sur un gouffre?

Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,

Les désastres?

Avril gazouille et rit dans les tendres vergers

Fleuris d'astres!

Le sombre hiver a fui; le radieux printemps

Nous délivre.

Viens mêler à mes pleurs tes baisers haletants;

Je veux vivre!

Nos cœurs sont confondus, nos âmes pour toujours

Sont unies;

Nous avons épelé le livre des amours

Infinies!

Et je ne vois plus rien que l'éclair de tes yeux

Pleins de fièvres...

Viens! je veux soupirer les suprêmes aveux

Sur tes lèvres!...