Lisette

B. Fairchild

Quoi! Lisette, est-ce vous?

Vous, en riche toilette!

Vous, avec des bijoux!

Vous, avec une aigrette!

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Vos pieds dans le satin

N'osent fouler l'herbette.

Des fleurs de votre teint

Où faites-vous emplette?

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Dans un lieu décoré

De tout ce qui s'achète,

L'opulence a doré

Jusqu'à votre couchette.

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Votre bouche sourit

D'une façon discrète.

Vous montrez de l'esprit;

Du moins on le répète.

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Comme ils sont loin ces jours

Où, dans votre chambrette,

La reine des amours

N'était qu'une grisette!

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Quand d'un cœur amoureux

Vous prisiez la conquête,

Vous faisiez dix heureux,

Et n'étiez pas coquette.

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Maîtresse d'un seigneur

Qui paya sa défaite,

De l'ombre du bonheur

Vous êtes satisfaite.

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.

Si l'Amour est un dieu,

C'est près d'une fillette.

Adieu, madame, adieu:

En duchesse on vous traite.

Eh! non, non, non,

Vous n'êtes plus Lisette.

Eh! non, non, non,

Ne portez plus ce nom.