Le voyageur

B. Godard

« Oh! monsieur, prenez garde aux loups!

Prenez garde aux loups!

Partir si tard! restez chez nous »

Mes bras sont forts, la route est claire

De la neige on a la lueur

J'embrasserai plus tôt ma mère

Adieu, mes amis, j'ai du cœur

Restez chez nous, la table est mise

Le feu flambe dans le foyer

Vous partirez dès l'aube grise

Restez, monsieur le cavalier

Le cavalier se mit an selle

Chacun eut beau le supplier

A la clarté d'une chandelle

Il but le coup de l'étrier

Un pied de neige est sur la glace

A chacun il serre la main

La route à travers les bois passe

Ou lui héla dans le lointain

« Oh! monsieur, prenez garde aux loups!

Prenez garde aux loups!

Partir si tard! restez chez nous »

Il fend l'air, son bruit lourd s'efface

Et lui perd dans le brouillard

Chacun de nous, droit à sa place

Augura mal de ce départ

La nuit, sait-on ce qui ce passe...

Qu'importe! il eut un sort fatal

Ou n'a jamais retrouvé trace

du cavalier ni du cheval

Jeunes gens, prenez garde aux loups!

Quand vous passerez par chez nous