Les larmes

B. Godard

On ne les a pas soupçonnées

Les larmes qui brûlaient mes yeux.

Filles d'un mal silencieux

Et de mes plus tristes années,

On ne les a pas soupçonnées.

Durant les banales journées,

J'ai combattu sans me lasser.

Mais les larmes qu'on peut verser

Quand les têtes sont détournées,

On ne les a pas soupçonnées.

Les radieuses matinées

Ont fait place à la sombre nuit,

Et les larmes tombant sans bruit,

Sur mes espérances fanées,

On ne les a pas soupçonnées!