Floréal

B. Gousset

Les deux amants, sous la nue,

Songent, charmants et vermeils... —

L'immensité continue

Ses semailles de soleils.

À travers le ciel sonore,

Tandis que, du haut des nuits,

Pleuvent, poussière d'aurore,

Les astres épanouis,

Tant de feux tombants qui perce

Le zénith vaste et bruni,

Braise énorme que disperse

L'encensoir de l'infini;

En bas, parmi la rosée,

Étalant l'arum, l'oeillet,

La pervenche, la pensée,

Le lys, lueur de juillet,

De brume à demi noyée,

Au centre de la forêt,

La prairie est déployée,

Et frissonne, et l'on dirait

Que la terre, sous les voiles

Des grands bois mouillés de pleurs,

Pour recevoir les étoiles

Tend son tablier de fleurs.