Le Baiser d'adieu
Ludwig van Beethoven
Tes soupirs, ô Laura, ne doivent maintenant
Mes pas mal assurés retarder plus longtemps.
Je ne peux plus oser consoler ton chagrin
Ni ainsi te serrer entre mes bras, en vain.
Pendant que ce soupir soulève ta poitrine.
Pendant que sur ta joue se répandent les pleurs,
Ah! pense bien: je suis condamné à te fuir,
Mais jamais un adieu n'aura place en mon c-ur.
Je voudrais t'en prier: maîtrise ces soupirs,
Mais les tiens ne sont pas les seuls que l'on entende.
Je voudrais de tes yeux voir les pleurs se tarir
Mais les larmes aussi de mes yeux se répandent.
Un dernier, long baiser, et puis c'est le départ,
Un autre, un autre encor et je te dis adieu.
Je ne puis consoler ton c-ur brisé en deux,
Le mien se brise aussi, puisque l'on nous sépare.