Hymne pour la consécration du nouveau tabernacle

Berlioz, Hector

Bien que le ciel parfois se couvre d'un nuage

Qui nous dérobe sa clarté,

Mettons, pauvre mortels au milieu de l'orage,

Tout notre espoir en sa bonté.

Vers son trône sublime élevons nos louanges,

Et vers son divin fils Jésus

Unissons nos accents aux accents des archanges,

Qui sont les bienheureux élus.

Voici venir enfin cette châsse de marbre

Que l'on doit élever pour lui.

La croix du Golgotha, c'est en image l'arbre

Où le pauvre trouve un abri.

Qui peut te contempler sans élever son âme,

Mystérieuse croix d'amour,

Jusqu'aux brillants rayons de la céleste flamme

Qui brûle dans l'éternel séjour?

Qui pourrait refuser d'apporter son obole

A la sainte oeuvre de la croix?

"Vous vaincrez par ce signe" est une parabole

Qui vient de la divine voix.

Venez servir le Dieu de l'éternel empire,

Poètes, sur vos harpes d'or.

Dans un immense choeur, ô vous tous qu'il inspire,

Adorez et chantez encor.

Lorsque Dieu le voudra, les enfants de la terre

Viendront enfin se réunir

Au banquet fraternel, et n'auront de la guerre

Qu'un vague et lointain souvenir.

Si Dieu marche avec nous, fuyez, soldats du crime!

Le bras puissant du Dieu vengeur

Peut vous exterminer, et, du fond de l'abîme,

Il entend les cris du pécheur.