L'Impériale

Berlioz, Hector

Du peuple entier les âmes triomphantes

Ont tressailli comme au cri du destin,

Quand des canons les voix retentissantes

Ont annoncé le jour qui vient de luire enfin.

Emportant l'oriflamme

Dans ses ongles d'airain,

L'aigle aux ailes de flamme,

Arbitre souverain,

Ouvre sa profonde paupière

Aux flots de l'astre de lumière,

Et reparaît aux cieux,

Ardent et radieux.

Du peuple entier les âmes triomphantes

Ont tressailli comme au cri du destin,

Quand des canons les voix retentissantes

Ont annoncé le jour qui vient de luire enfin.

L'aigle aux ailes de flamme,

Remonte dans les cieux/reparaît aux cieux,

Emportant l'oriflamme

D'un élan radieux.

Car du sépulcre est sortie,

Comme autrefois le Messie,

L'impériale dynastie

Que Dieu même suscita

Et que la gloire enfanta.

Dieu, qui protèges la France,

Veille sur son Empereur!

Des bons il est l'espérance

Et des méchants la terreur.

Grand Dieu, veille sur l'Empereur!

Vive l'Empereur! vive l'Empereur!

Oh! qu'à jamais l'histoire

Inscrive avec honneur

Au temple de mémoire

Ce mot: "Libérateur."

Dieu, qui protèges la France, etc.

O race révérée!

Race auguste et sacrée

En qui nous vivons tous,

Règne à jamais sur nous!

Par le peuple et Dieu sacrée,

Du temps que te fait la durée,

Du sort que te font les hasards!

Race auguste de nos Césars!

Dieu, qui protèges la France, etc

De son immortelle auréole

Jamais front ne fut couronné;

Comme dans un vivant symbole,

Le peuple en toi s'est incarné.

Tu le guides par ton génie,

Il te soutient par sa valeur;

Et c'est toucher à la patrie,

Que de toucher à l'Empereur.

Dieu, qui protèges la France, etc.

Du peuple entier, etc.

Vive l'Empereur!