Le maure jaloux

Berlioz, Hector

Je vais revoir la beauté que j'adore.

Un plaisir pur, doit seul remplir mon coeur;

Mais malgré moi ce coeur murmure encore;

Dans son ivresse il connaît la fureur.

Transports jaloux, crainte cruelle,

Pourquoi troubler mes tendres feux?

Ah! Zora, que n'es-tu moins belle

Sans cesser d'être aussi fidèle?

Ton amant serait plus heureux!

Dans nos forêts, la charmante gazelle

À tout mortel se cache avec effroi.

Imitela, fuis les regards comme elle!

Elle est sensible et douce comme toi.

Ah! vain espoir de mon âme éperdue!

Peux-tu cacher tes attraits enchanteurs.

Le beau palmier qui monte dans la nue

N'échappe point aux yeux des voyageurs...