Paysage majeur

C. Bordes

L'heure brûle,

Midi s'est couché dans les champs.

L'orgueil de chaque vie à sa splendeur s'enchaîne,

Le soleil, du haut des cieux éblouissants,

Pose son glaive d'or sur le coeur de la plaine.

Un peu d'ombre s'assied au coeur des arbres roux,

Une chaude torpeur donne à la solitude

Le mol apaisement d'un silence plus doux

Où la terre alanguit encor sa lassitude.

Mais je m'offre au soleil ardent car j'ai voulu

Qu'un lumineux baiser descendit dans mes veines.

Et j'élève mon coeur, ce coeur irrésolu

Qu'attriste son bonheur et que charme sa peine,

Pour que le vaste ciel ennivre de clarté

Lui verse lentement sa force de l'Été.