Pleine mer

C. Bordes

La mer! partout la mer! des flots, des flots encor.

L'oiseau fatigue en vain son inégal essor.

Ici les flots, là-bas les ondes;

Toujours des flots sans fin par des flots repoussés;

L'œil ne voit que des flots dans l'abîme entassés

Rouler sous les vagues profondes.

Parfois de grands poissons, à fleur d'eau voyageant,

Font reluire au soleil leurs nageoires d'argent,

Ou l'azur de leurs larges queues.

La mer semble un troupeau secouant sa toison:

Mais un cercle d'airain ferme au loin l'horizon;

Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues.

– Faut-il sécher ces mers? dit le nuage en feu.

– Non! – Il reprit son vol sous le souffle de Dieu.