Dans une église
C. Bruneteau
J'étais entré. L'eglise était silencieuse.
Les voutes sommeillaient. Mon pas profane et lourd
troublait seul le repos de la nef spacieuse
d'un écho long et sourd.
L'eglise était déserte. Au fond, seule, une femme,
ombre vieille, à genoux, priait près d'un pilier,
et devant Dieu semblait courber toute son âme
pour mieux le supplier!
Le cœur était sans voix, sans prêtre et sans lumière;
les vitraux allongeaient, et un demi jour bleu,
leurs reflets ta misés, doux comme la prière,
où l'on parle avec Dieu...
Divine extase! O temps où je venais plus jeune,
prosternant à l'autel ma candide ferveur,
vierge d'amour charnel, pâle amante du jeûne,
adorer le Sauveur!
Temps où ma piété s'exaltait aux cantiques,
où mon cœur savait croire avec sérénité!
O foi perdue! O jours morts aux espoirs mystiques,
O temple déserté!