Au firmament

C. Chaminade

Montez au ciel, ô mes pensées,

Dans cette claire nuit d'amour!

Je vous ai longtemps caressées;

Dieu vous reçoive sans retour!

Pour vos extases virginales

Ce monde n'est point assez pur;

Gagnez les blancheurs sidérales,

Au fond de l'immuable azur!

Fuyez les hommes et leurs causes,

Ô vous qu'ils ne comprennent pas!

De mon dédain de toutes choses,

Laissez-moi souffrir ici-bas.

Et désormais, dans la nuit claire,

Levant les yeux obstinément,

J'essaierai d'oublier la terre

À vous chercher au firmament.