Les présents
C. Chaminade
Bien-aimé, tu m'as mis au doigt
Cette bague frêle, qui doit
Etre faite d'un or celeste,
Car rien ne pour rait la briser
Que l'absence de ton baiser:
Tâche, tâche que ton baiser me reste!
Bien-aimé, tu m'as mis au yeux
Une flamme qui brille mieux,
Si tôt que ton regard l'efflenre;
Il faut pour éteindre ce feu,
Que ton regard me dise adieu!
Tâche, tâche que ton regard demeure!
Bien-aimé, tu m'as mis au cœur
La croyance au Dieu créateur.
Pour que la foi me fût ravie
Il me faudrait te voir mouri; Ah
Tâche, tâche, ami si doux à chérir,
Qu'elle soit bien longue ta vie!