Les rêves

C. Chaminade

Les rêves se posent sur nous

Un moment, sans plier leurs ailes,

Ils murmurent, charmants et frêles

Des chants très vagues et très doux,

Puis, qu'un vent passe, l'aile ouverte

Ils repartent toujours chantants,

Et leur place est vide longtemps,

Et pour longtemps l'âme est déserte!

Un beau jour le bonheur nous vient

Souriant, tout vêtu de rose,

Parfois il semble peu de chose,

Quand de son rêve on se souvient.

Il se pose aussi l'aile ouverte,

Il repart après quelques jours

Et sa place est vide toujours,

Et pour toujours l'âme est déserte!