Les trois exilés
C. Franck
Quand l'Empereur, entouré de sa gloire
Franchit les mers, soleil qui s'éteignait,
Se souvenant qu'il lui dut la victoire,
Son Dieu, ses lois, le peuple s'écriait:
Napoléon, l'orgueil anglais
Vient t'arracher à la patrie
Mais nous reverrons ton génie
Planer encore sur les Français.
Quel est ce char que le peuple environne?
C'est lui, Français, qui rentre dans Paris:
C'est l'Empereur! Debout sur sa colonne
Il nous protège, il écoute nos cris:
Napoléon, l'orgueil anglais
Vient t'arracher à la patrie
Mais nous reverrons ton génie
Planer encore sur les Français.
Hélas! hélas! L'héritier du grand homme
Son fils aimé, le César adoptif,
Par tous les rois salué roi de Rome,
Meurt loin de lui, comme un aiglon captif.
Napoléon, l'orgueil anglais
Vient t'arracher à la patrie
Mais nous reverrons ton génie
Planer encore sur les Français.
Mais de l'exil, le voeu du peuple évoque
Un prince à qui, devant le saint autel,
Napoléon, pour guider notre époque,
Donna son nom, comme un phare immortel.
Napoléon, l'orgueil anglais
Vient t'arracher à la patrie
Mais nous reverrons ton génie
Planer encore sur les Français.
Des deux grands noms, tu portes l'auréole
De Joséphine, ô noble descendant;
Sois notre chef! Ecoute la parole
De tes aïeux et tu seras bien grand!
Napoléon, l'orgueil anglais
Vient t'arracher à la patrie
Mais nous reverrons ton génie
Planer encore sur les Français.