Paris

C. Franck

Je suis Paris, la reine des cites,

Et j'élève mon front superbe au-dessus des nations,

Le vent d'orage souffle sans pitié.

Mais je ne m'inclinerai pas,

Comme le saule de la vallée.

Je suis la plus riche et la plus noble,

Et j'ai dépouillée l'univers pour orner ma ceinture.

Mais je suis immortelle et je repousserai ces

Étrangers avides qui convoitent mes trésors.

Je me suis revêtue d'airain

Et j'ai poussé de grands cris qui ont retenti des

Alpes à l'Océan, de la Loire aux Pyrénées,

Quand j'ai vu mes nobles enfants brisés par l'invasion

Venir se réfugier dans mon sein.

Es les nations attentives, émues ont dit:

Voilà Paris qui se réveille,

Voilà Paris qui de son bouclier

Va couvrir la France.

Venez voir mourir les héroes,

Vous toutes qui préférez la mort à l'esclavage,

Venez voir les prodiges de la vaillance et ce

Tournoi nouveau où les plus ardents au plaisir

Seront les plus ardents devant la mort.

Car je me rappelle mes jeunes années

Et ma gloire illumine mes collines.

Ces collines où vous vous cachez comme des

Loups dévorants, vous les vaincus d'Iéna.

Avant que mon sein se tarisse et que la faim

Hideuse m'épuise, vous sentirez mon bras et

Vous fuirez au Rhin.

Car l'aurore renaît du côté d'Orléans,

Je rependrai ma harpe et je chanterai,

Je chanterai un long chant de triomphe.

Je suis Paris, la reine des cités et j'élève

Mon front superbe au-dessus des nations,

Le vent d'orage souffle sans pitié

Mais j'ai bravé d'autres tempêtes,

Oui j'ai bravé d'autres tempêtes.