Si l'on te disait
C. Galeotti
Si l'on te disait, mon aimé,
Que pour toi mon coeur s'est fermé,
Réponds que sous l'aube fleurie,
La mer sans bornes s'est tarie.
Si je prétends, par vain orgueil,
Que j'ai passé devant ton seuil,
Sans regarder par la fenêtre,
Réponds que cela ne peut être.
Si l'on te dit que je m'endors
Sans presser, comme des trésors,
Sur mon coeur tes douces paroles,
Souris à ces propos frivoles.
Si l'on te demande pourquoi
Ceux qui te nommaient devant moi
Ont vu sur ma joue une flamme,
C'est que ton nom m'a brûlé l'âme.
Si l'on te prédit que demain
Tu ne sauras plus le chemin
Qui conduit tes pas à ma porte...
Réponds qu'alors je serai morte!
Mais si moi-même, ô mon amant!
Je dois un jour faire serment
De ne plus jamais être tienne...
Ne mets pas tes yeux dans mes yeux,
Tes yeux d'amour... pour nos adieux...
Quelque force qui me soutienne!