L'ivrogne corrigé

Gluck, Christoph Willibald

Sans soins, sans peine, sans gêne,

Au gré de ses désirs,

Une fille gentille,

Peut suivre les plaisirs

Une brillante cour

De galants faits autour

Auprès d'elle s'empresse,

L'environne sans cesse.

L'un veut à son corset

Attacher un bouquet;

D'un petit air malin,

L'autre lui prend la main,

Tous cherchent à lui plaire.

Qu'elle dise un mot,

Pour la satisfaire,

L'on vole aussitôt

Mais dans le ménage,

Combien d'embarras!

On souffre on enrage,

C'est un esclavage,

Qui ne finit pas:

En tendre à toute heure

Ou l'enfant qui pleure,

Ou le père ivrogne,

Qui jure, qui grogne

Et souvent vous bat

Ah! quel cruel état!