Quand j’apperçoy ton beau chef jaunissant

C. Goudimel

Quand j'apperçoy ton beau chef jaunissant,

Qui la blondeur des filets d'or efface,

Et ton bel œil qui les astres surpasse,

Et ton tetin comme œillet rougissant,

A front baissé je pleure, gémissant

De quoi je suis (faute digne de grace)

Sous l'humble voix de ma rime si basse,

De tes beautés les honneurs trahissant.

Je connois bien que je devrois me taire

Ou mieux parler: mais l'amoureux ulcère

Qui m'ard le cœur me force de chanter.

Doncque, mon tout, si dignement je n'use

L'encre et la voix à tes graces vanter,

Non l'ouvrier, non, mais son destin, accuse.