Clos ta paupière

Gounod, Charles

Clos ta paupière,

Dors, mon petit roi!

C'est une mère

Qui veille sur toi!

Je chasserai de ton front, mon trésor,

Les moucherons qui bourdonnent encor!

C'est maintenant le printemps de ta vie;

Pour le flétrir il ne faut qu'aujourd'hui;

Et cette aurore est de larmes suivie,

Et le bonheur pour jamais s'est enfui!

Les chérubins, t'effleurant de leurs ailes

Planent sur toi souriants et joyeux;

A tes douleurs qu'ils demeurent fidèles,

Lorsque les pleurs couleront de tes yeux!

Clos ta paupière,

Dors, mon petit roi!

C'est moi, c'est ta mère

Qui veille sur toi!

Combien de temps, ma tendresse l'ignore —

Jusqu'à demain pour le bercer encore!

Clos ta paupière.

Dors, mon petit roi!

Clos doucement ta paupière!