L'Absent

Gounod, Charles

Ô silence des nuits dont la voix seule est douce,

Quand je n'ai plus sa voix,

Mystérieux rayons, qui glissez sur la mousse

Dans l'ombre de ses bois,

Dites-moi si ses yeux, à l'heure où tout sommeille

Se rouvrent doucement

Et si ma bien-aimée, alors quemoi je veille,

Se souvient de l'absent.

Quand la lune est aux cieux, baignant de sa lumière

Les grands bois et l'azur;

Quand des cloches du soir qui tintent la prière

Vibre l'écho si pur,

Dites-moi si son âme, un instant recueillie,

S'élève avec leur chant,

Et si de leurs accords la paisible harmonie

Lui rappelle l'absent!