Si vous n'ouvrez votre fenêtre

Gounod, Charles

J'ai vu des fleurs qui, dans les plaines,

Déroulaient leur soyeux tapis;

J'ai senti de chaudes haleines

Brûler en passant les épis;

J'admirai souvent, quand l'aurore

Jouait sur les coteaux voisins,

Son divin sourire qui dore

Les orangers et les raisins;

Mais jamais, même en poésie,

Je n'ai vu trésor si charmant

Que ceux que votre jalousie

Me cache encore en ce moment;

Qui me feront mourir peut-être

En maudissant votre balcon,

Si vous n'ouvrez votre fenêtre

Au dernier mot de ma chanson.