Villanelle
C. Hess
Voici venir sur la pelouse
Les rayons du soleil qui meurt:
Avec son murmure endormeur
Voici venir l'ombre jalouse:
J'écoute, et les voix du printemps
Font gémir la feuille éveillée.
J'aime le soir el la veillée:
La veillée est douce, et j'attends.
J'attends que la forêt se voile,
Et qu'au fond du ciel mon regard
Se perde et rencontre au hasard
Le regard tremblant d'une étoile.
Au milieu des mondes flottants,
Seule dans sa mélancolie,
Glissera la lune pâlie;
La veillée est douce, et j'attends.
Si, du moins, dans le vallon même
Où le soir je viens l'appeler,
J'entendais doucement parler
Celle que je pleure et qui m'aime;
Je crois l'entendre par instants,
Mais c'est quelque feuille envolée.
Ah! je n'aime plus la veillée:
La veillée est triste, et j'attends.