Accompagnement
C. Koechlin
Comme de longs cheveux peignés au vent du soir,
L'odeur des nuits d'été parfume le lac noir;
Le grand lac parfumé brille comme un miroir.
Le barque glisse dans le rêve,
La rame tombe et se relève;
Ma barque glisse dans le ciel
Dans le ciel immatériel!
Là-bas la lune écoute, accoudée au côteau,
Le silence qu'exhale en glissant le bateau.
Trois grands lys frais coupés meurent sur mon manteau...
Vers tes lèvres, ô nuit voluptueuse et pâle,
Est-ce leur âme, est-ce mon âme qui s'exhale?
Cheveux des nuits d'argent peignés aux longs roseaux...
Comme la lune sur les eaux,
Comme la rame sur les flots
Mon âme s'effeuille en sanglots.