Automne
C. Koechlin
À pas lents, et suivis du chien de la maison,
Nous refaisons la route à présent trop connue,
Un pâle automne saigne au fond de l'avenue,
Et des femmes en deuil passent à l'horizon.
Comme dans un préau d'hospice ou de prison
L'air est calme et d'une tristesse contenue,
Et chaque feuille d'or tombe, l'heure venue,
Ainsi qu'un souvenir, lente, sur le gazon.
Le silence entre nous marche... Coeurs de mensonges,
Chacun, las du voyage et mûr pour d'autres songes,
Rêve égoistement de retourner au port...
Mais les bois ont ce soir, tant de mélancolie
Que notre coeur s'émeut à son tour,
Et s'oublie à parler du passé sous le ciel qui s'endort,
Doucement, à mivoix comme d'un enfant mort...