Menuet

C. Koechlin

La tristesse des menuets

Fait chanter mes désirs muets

Et je pleure,

D'entendre frémir cette voix

Qui vient de si loin, d'autrefois,

Et qui pleure.

Chansons frêles du clavecin,

Notes grêles, fuyant essaim

Qui s'efface,

Vous êtes un pastel d'antan

Qui s'anime, rit un instant,

Et s'efface.

Ô chants troublés de pleurs secrets,

Chagrins qui s'ignorent, les vrais,

Pudeur tendre,

Sanglots que l'on cache, au départ

Et qui n'osent s'avouer, par

Orgueil tendre.

Ah! comme vous broyez les cœrs

De vos airs charmants et moqueurs

Et si tristes!

Menuets à peine entendus,

Sanglots légers, rires fondus,

Baisers tristes!