Moisson prochaine

C. Koechlin

O vierge! ta beauté semble un champ de blé mûr

Dont le vent fait rouler les vagues inquiètes!

Parmi les brins serrés, passant leurs folles têtes,

Brillent le pavot rouge et le bluet d'azur;

Au zénith éclatant pas un nuage obscur;

L'aube seule aux épis suspend ses gouttelettes;

Mille désirs charmants, comme des alouettes,

Volent par les sillons et poussent leur cri pur.

Vierge! voici le temps qu'on va lier les gerbes;

Bientôt retentiront les chansons dans les herbes,

Et les rondes, le soir, sous les cieux étoilés,

Car, sur ses larges reins attachant sa ceinture,

Demain, le moissonneur à la brune figure

Va promener sa faux dans l'épaisseur des blés.