Nox
C. Koechlin
Sur les pentes des monts, les brises apaisées
Inclinent au sommeil les arbres onduleux;
L'oiseau silencieux s'endort dans la rosée,
Et l'étoile a doré l'écume des flots bleus.
[Au contour des ravins, sur les hauteurs sauvages,
Une molle vapeur efface les chemins;
La lune tristement baigne les noirs feuillages;]
L'oreille n'entend plus les murmures humains
Mais sur le sable, au loin, chante la mer divine,
Et des hautes forêts gémit la grande voix
Et l'air sonore, aux cieux que la nuit illumine,
Porte le chant des mers et le soupir des bois.
Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines!
Entretien lent et doux de la terre et du ciel.
Montez et demandez aux étoiles sereines
S'il est, pour les atteindre un chemin éternel.
O mers! O bois songeurs voix pieuses du monde,
Vous m'avez répondu durant mes jours mauvais
Vous avez apaisé ma tristesse inféconde,
Et dans mon cœur aussi vous chantez à jamais.