Sur la grève
C. Koechlin
Bruit profond de la mer, tu ceins tout le rivage du globe sombre,
Étreint d'écume et de rumeur
Apre autour du récif, dans la baie endormeur
Commentant l'univers d'une glose sauvage.
Quand le jeune élément, au soir du premier âge,
Conçut l'énorme vie en son humble primeur
De cet enfantement tu repris la clameur
Il n'a jamais cessé de pleurer son ouvrage.
Ah! pleure, larme immense, à la nuit, à l'écueil;
Ta plainte est trop chétive encor pour un tel deuil
Des fléaux du typhon, des hydres de la trombe,
Flagelle tes flancs sourds, envieux de la tombe,
Et nos maux, compteles, mère, sur les flots noirs
De la première mort aux doutes de ces soirs.